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Le site internet pour les informations importantes concernant l’intégration des enfants avec handicaps au niveau de l’éducation précoce, de l’école et de la formation professionnelle.
Intégrer son enfant dans une école ordinaire est le vœu de nombreux parents. Mais la voie de l’intégration est encore parsemée de nombreuses embûches. Quelques principes pour augmenter ses chances.
Intégrer son enfant à l’école du quartier? De nombreux parents le souhaitent. Pourquoi? Parce qu’intégration rime avec ancrage dans la vie de quartier, socialisation auprès d’autres enfants, stimulation des capacités, occasion de jouer des rôles valorisés.
Il reste que l’intégration rencontre encore de nombreux obstacles. Des obstacles d’autant plus variés que la situation diffère d’un canton à l’autre, voire d’un établissement à l’autre. En effet, si l’intégration est soutenue au niveau de la loi et de la Constitution, elle n’a aujourd’hui rien d’automatique: l’initiative revient aux parents ou aux services de pédagogie spécialisée et elle dépend du fait si un établissement, un enseignant ou une enseignante désire se lancer dans un projet intégratif ou non. De plus, comme tout enfant avec handicap bénéficie forcément d’un soutien en pédagogie spécialisée, l’intégration doit aussi trouver un écho favorable auprès de la structure spécialisée.
Il n’existe pas de recette magique assurant la réussite d’une démarche intégrative. Mais le suivi de certaines règles qui peuvent la faciliter. Voici un pense-bête en 10 étapes de ce à quoi il faut penser lorsque l’on envisage d’intégrer son enfant. Ces conseils se basent sur l’expérience de certains parents. Nous remercions également Christine Debruères, enseignante spécialisée responsable pédagogique du Centre des Voirets (GE) de son précieux apport.
Se renseigner assez tôt. Une année, deux ans, voire trois ans à l’avance, s’informer sur les conditions d’accueil des écoles rattachées à votre domicile. Le département responsable de la scolarisation de votre canton doit pouvoir vous renseigner sur la pratique de l’intégration de ces écoles. Il est préférable également d’avoir fait des démarches intégratives préscolaires, au jardin d’enfants ou par le biais du Service éducatif itinérant (SEI).
Se documenter largement. Connaître la loi, les textes ou les exemples sur lesquels vous pouvez vous appuyer. Ne pas hésiter à faire recours à l’association de parents de personnes en situation de handicap de votre région qui peut vous offrir conseils, vous informer sur les cas de jurisprudence, vous présenter des avantages et difficultés de l’intégration et vous permettre de rencontrer d’autres parents.
Contacter et informer l’école ordinaire du quartier. Plusieurs mois avant la rentrée voire une année auparavant, prendre contact avec l’école souhaitée et discuter des possibilités. Il est préférable de se faire accompagner, à ce stade déjà, par un professionnel de la pédagogie spécialisée ou de soutien à l’intégration afin de mener les négociations.Les appréhensions des équipes scolaires ne doivent pas être sous-estimées: elles sont légitimes, notamment du fait que les enseignants ne sont pas formés au handicap. Lors des premiers contacts, il est important de fournir des informations sur votre enfant à la direction et à son équipe. Il faut parler du handicap, des déficiences (et de leurs conséquences possibles), du caractère et des besoins de son enfant, ainsi que fournir une information réelle sur ses capacités. Attention cependant de ne pas tomber dans la stigmatisation – veiller à relever les capacités de son enfant, ce qu’il aime faire, ce qui l’intéresse – et à ne pas «surinformer»: mieux vaut toujours laisser d’abord à l’enseignant l’occasion de faire connaissance avec l’enfant.
Travailler en étroite collaboration avec l’école spécialisée ou le centre d’appui à l’intégration. Comme en Suisse les enfants avec des déficiences intellectuelles sont pris en charge par des structures spécialisées, le représentant de la branche spécialisée est un élément essentiel du processus.
Fixer des objectifs clairs et les conditions d’accueil. Une intégration réussie repose sur l’établissement d’un projet pédagogique individualisé clair (fixé à l’intérieur d’un projet global par une équipe spécialisée) et un soutien adéquat. Pour la définition des objectifs et la mise en place de moyens éducatifs, les enseignants ordinaires peuvent vouloir être épaulés par des professionnels de la pédagogie spécialisée ou d’appui à l’intégration. En ce qui concerne les conditions d’accueil, de nombreux parents soulignent l’indispensable présence d’un ou une auxiliaire pédagogique dans la classe ordinaire. En France voisine, les intégrations se font sur la base d’une convention d’intégration. Cette convention précise les horaires, les objectifs, les moyens d’évaluation et les partenaires. Elle est signée par l’ensemble des partenaires et représente un point de repères intéressant.
Préparer la rentrée. A la rentrée, préparer son enfant à sa nouvelle école et ses futurs camarades. Il peut s’avérer utile de donner l’occasion à la classe, ou plus exactement à l’établissement de se préparer à la démarche d’intégration scolaire. Certains préconisent de retarder l’intégration de l’enfant avec besoins éducatifs spécifiques (d’une ou deux semaines) ou de procéder à une intégration par étapes. Ce procédé présente l’avantage de donner du temps à la structure accueillante «d’apprivoiser le handicap». Elle risque cependant de faire surgir des représentations erronées augmentant la crainte et de stigmatiser l’enfant: celui-ci est de facto défini comme «différent» et, arrivant après coup, il ne peut participer à la construction de la dynamique de groupe de la classe. A l’échelonnement de l’intégration, il faut plutôt préférer un échelonnement du soutien sur place: très intense au début et allant en diminuant.
Communiquer avec les autres parents. Il est primordial d’informer aussi les autres parents qui risquent de montrer une certaine réticence quant à la présence d’un enfant mentalement handicapé dans la classe (crainte de voir leur enfant «freiné» par la présence de cet enfant différent, peur de devoir parler du handicap, etc.). Là aussi, il s’agit de communiquer pleinement et de se tenir prêts pour toutes questions, sans les devancer. Etre attentifs à ne pas manquer les rencontres de parents d’élèves. Se tenir prêts à répondre aux questions qui surgiront alors.
Prévoir des réunions régulières. Le rythme des rencontres bilatérales varie de cas en cas. Il est bon de prévoir une séance de réseau annuelle – regroupant tous les partenaires –, et des rencontres intersectorielles – rassemblant une partie des partenaires. Les séances de réseau offre un temps d’échanges particulièrement précieux. Elles permettent un accord quant aux besoins de l’enfant, aux objectifs prioritaires, aux responsabilités.
Garder le contact. Pour faciliter la communication, il peut s’avérer intéressant d’avoir recours à un «cahier de communication». Ce cahier circule entre tous les partenaires qui peuvent tour à tour y noter constats, remarques, questions. Il permet à chacun de se tenir facilement au courant de ce qui se passe chez l’autre. Cet outil n’est cependant pas obligatoire: à n’utiliser que si l’enfant ne peut pas ou difficilement transmettre lui-même les informations. Il ne s’agit en effet pas d’aller à l’encontre du développement de son autonomie.
Oser l’extrascolaire. L’intégration scolaire passe aussi par les moments extrascolaires: sorties, visites, randonnées. Veiller à être tenus informés de ces sorties et discuter des possibilités pour permettre à votre enfant d’y participer.
Le site internet pour les informations importantes concernant l’intégration des enfants avec handicaps au niveau de l’éducation précoce, de l’école et de la formation professionnelle.
Reportage auprès de Roman, un des premiers élèves avec handicap mental à être intégré au niveau secondaire, insieme Magazine, 4-2011.
Augusto Cosatti, vice-président d’insieme Genève, revient sur les problèmes rencontrés par l’intégration scolaire, insieme Magazine, 2-2011.
Brochure publiée par insieme Genève (2003).
Entretien avec Georg Feuser, spécialiste de l’intégration scolaire, Magazine insieme, 3-2009.
Philippe Nendaz, tiré de «Intégration: l’école en changement», Isaline Panchaud Mingrone et Heidi Lauper (dir.), éd. Paul Haupt, Berne, 2001.
Liste comparative des pays européens et de leur politique d’intégration.